« Voilà un saint pour notre temps »

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Associations Témoignages

entretien autour de la cause de canonisation du Bienheureux Maurice Tornay.

 

Le 26 avril dernier, un nouveau reliquaire du Maurice Tornay a été inauguré à l’église paroissiale d’Orsières. À cette occasion, Maurice Tornay, président de l’Association des Amis de la Fondation du Bienheureux Maurice Tornay, revient sur la démarche de canonisation actuellement en cours et sur l’importance spirituelle de cette figure valaisanne pour aujourd’hui.

Pouvez-vous nous expliquer le rôle de votre association dans la cause de canonisation du Bienheureux Maurice Tornay ?

L’Association des Amis de la Fondation du Bx Maurice Tornay a pour but de garder vivante la mémoire du Bx Maurice Tornay auprès des fidèles et du grand public, tant son message reste actuel. Il a tout quitté par amour, il a choisi le service jusqu’au bout pour conduire les âmes à Dieu.

Dans la cause de canonisation, l’Association est co-actrice avec la Fondation des Amis du Bx Maurice Tornay et la Congrégation des Chanoines des Saints Nicolas et Bernard de Montjoux. Ces trois entités se sont constituées co-actrices de la cause selon un acte notarié établi par le chancelier du diocèse de Sion.

Pourquoi cette démarche de canonisation est-elle importante aujourd’hui ?

Maurice Tornay a été béatifié en 1993 par Jean-Paul II après deux longs procès, l’un diocésain (1953-1963), l’autre romain (1963-1993), qui l'ont reconnu martyr assassiné en haine de la foi.

Pour un martyr, une canonisation est envisageable si un miracle lui est attribué. C’est le cas pour le Bx Maurice. En effet, un miracle présumé nous a été annoncé. Sa béatification en 1993 a été une première reconnaissance de son action exemplaire. La canonisation serait de dire à l’Eglise universelle: voilà un saint pour notre temps, modèle de courage, d’espérance, d’engagement, mais en même temps d’abandon. Un fils de nos montagnes qui a embrassé le monde par amour de Dieu et du prochain.

Qu’est-ce que l’ouverture de l’enquête diocésaine change concrètement ?

C’est une étape décisive et très importante. L’ouverture de l’enquête diocésaine signifie que l’Eglise, au niveau local, reconnaît qu’il existe des éléments sérieux à examiner pour aller vers la canonisation. L’évêque publie un édit. Un tribunal est constitué, des experts sont nommés, le bénéficiaire du miracle présumé interrogé, le tout dans une procédure ecclésiale reconnue et un cadre juridique exigeant.

Comment se déroule concrètement une enquête canonique ?

L’enquête est menée par le tribunal diocésain. Les membres imposés par le droit canonique sont nommés par l’évêque, soit le juge délégué, le promoteur de justice, sorte d’avocat de la vérité, appelé anciennement avocat du diable, le notaire et des experts médicaux. 

Plusieurs sessions sont prévues dans le but d’évaluer la crédibilité du miracle présumé. L’enquête va chercher à éliminer toute explication naturelle ou médicale. Les experts médicaux vérifieront qu’aucune cause physiologique ou psychologique n’est à l’origine de la guérison, que celle-ci est complète, instantanée, durable et inexpliquée par la médecine moderne.

Quels types de témoignages ou de documents recherchez-vous ?

En fait ici, les documents, preuves, attestations sont parties intégrantes de la supplique adressée à l’évêque en soutien à la demande d’ouverture d’une enquête canonique diocésaine. Cette supplique, en droit canonique on parle de libelle, c’est un document solide, bien structuré, répondant aux exigences pointues du droit canonique, d’environ 160 pages. Pour ce qui est du témoin bénéficiaire du miracle présumé, il est vivant et sera questionné par le tribunal.

C’est pour l’enquête en béatification que des témoignages, des documents ont été recherchés. Est-il mort en haine de la foi ? Ses écrits contiennent-ils des erreurs, des affirmations contraires à la foi, à l’enseignement de l’Eglise ? Sa vie est-elle exemplaire ? À son intercession des grâces ont-elles été reçues ?  Ces procédures et analyses très exigeantes ont eu lieu entre 1953 et 1993. Elles n’ont pas à être reprises aujourd’hui, car traitées selon les exigences canoniques dans le procès de béatification.

Pour simplifier, on peut dire que le tribunal a tout dans les mains. Sa tâche, bien que circonscrite reste pointue, elle consiste à examiner la véracité profonde d’un miracle présumé. C’est tellement exigeant qu’une procédure de reconnaissance d’un miracle est toujours séparée de la reconnaissance d’un martyre en haine de la foi.

Quels sont les prochains jalons dans cette cause ?

La bonne conduite de l’enquête diocésaine est primordiale. Le tribunal devrait être nommé prochainement. Comme il n’a pas à rechercher des documents, il pourra se mettre au travail de suite, sans rien précipiter et sans rien négliger.

Une fois l’enquête diocésaine terminée, le dossier complet sera porté à Rome à l’attention du Dicastère des Causes des Saints qui mènera sa propre enquête en toute indépendance.

Si le miracle présumé est reconnu et approuvé par le Pape, la canonisation sera prononcée. Nous avançons dans la confiance. Le moteur de toute la procédure, c’est la prière des fidèles.  Que la volonté de Dieu se réalise.

Avez-vous été marqué personnellement par une rencontre, un témoignage ou une grâce liée à Maurice Tornay ?

Les grâces reçues à l’intercession du Bx Maurice sont très nombreuses. Trois livres d’or placés à la maison natale à la Rosière, à la chapelle Sainte-Anne et à l’Espace Bx Maurice à l’église d’Orsières en témoignent. C’est certain, il continue d’agir ici et maintenant, dans la vie des fidèles qui l’invoquent.

Propos recueillis par Domitille Roduit

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