Remise des diplômes Théodule
Viviane, une riche expérience humaine
Pour Viviane, engagée auprès des jeunes de sa paroisse de Martigny, l'inscription au Parcours Théodule répondait à un double désir : « approfondir mes connaissances sur ma foi et en apprendre davantage », mais aussi pouvoir « m'engager au service de ma paroisse et auprès des jeunes ».
Au fil des trois années, elle a notamment redécouvert la richesse de la liturgie, des grandes célébrations comme la Vigile pascale ou les temps de l'Avent et du Carême. Elle a également découvert les Pères de l'Église et consolidé des bases acquises auparavant dans une autre école de formation chrétienne.
Mais ce qu'elle retient avant tout, c'est l'expérience humaine : « J'ai beaucoup apprécié l'ambiance qu'il y avait entre nous, cette cohésion que nous avions et cette joie de se revoir semaine après semaine. Pouvoir s'entraider et se soutenir dans les moments difficiles était aussi très important pour moi. »
Cette formation lui a permis d'acquérir de nouvelles compétences qu'elle souhaite désormais mettre au service des jeunes. « Elle m'a permis de prendre davantage de responsabilités au sein de la paroisse », explique-t-elle. Le principal défi ? Trouver encore l'énergie pour deux heures de cours après une journée de travail intense dans la pharmacie où elle exerce.
Véronique, pour plus de profondeur
Pour Véronique, engagée depuis de nombreuses années dans la catéchèse à Fully, le Parcours Théodule répondait également à un désir d'approfondissement. « J'accompagne des enfants depuis longtemps, mais je voulais une formation plus sérieuse, qui puisse m'apporter quelque chose personnellement et, par ricochet, aux enfants que j'accompagne. »
Aujourd'hui impliquée dans différents projets de catéchèse, notamment « Ma Vie est un Trésor », Godly Play, la préparation à la communion et les fenêtres catéchétiques, elle souligne la richesse des enseignements reçus. La première année, consacrée en grande partie à la Bible, lui a permis d'approfondir des textes qu'elle connaissait, mais avec une plus grande profondeur. La deuxième année, centrée sur la liturgie, l'a particulièrement marquée : « Découvrir le sens des prières de la messe avec un enseignant profondément habité par ce qu'il transmettait, cela nous a beaucoup touchés. »
Comme Viviane, elle évoque avec enthousiasme la dimension fraternelle du parcours. « Nous avons créé de vraies amitiés malgré les différences d'âge. »
Son travail de diplôme portait sur le jeûne pendant le Carême. Une expérience exigeante mais féconde. « Au début, je ne voyais que le stress. Mais ce travail m'a permis d'approfondir le sens du jeûne. J'imaginais une vision très stricte de l'Église sur ce sujet. En réalité, j'ai découvert que le jeûne n'est pas une performance demandée par Dieu, mais un moyen proposé pour se rapprocher de Lui et faire le tri dans nos habitudes. »
Au moment où la formation s'achève, les sentiments sont contrastés : « Il y a un soulagement d'avoir terminé, mais aussi un regret. Pendant trois ans, nous étions presque obligés de nous former chaque mardi soir. Maintenant, il faudra trouver soi-même la discipline pour continuer à apprendre. »
Car pour beaucoup de participants, cette formation ne s'arrête pas avec la remise d'un diplôme. Elle se prolonge dans la vie quotidienne, les engagements paroissiaux et même la vie familiale : « cela rejaillit forcément dans nos vies personnelle », conclut Véronique.
Domitille Roduit
Photos : ©François-Xavier Mayoraz
Homélie de Monseigneur Lovey
Frères et sœurs, chers disciples du parcours Théodule,
C’est une belle circonstance qui nous permet de célébrer en même temps le cœur immaculé de Marie et la remise des diplômes du parcours Théodule. Durant une longue démarche qui a duré 3 ans, plus de 30 candidats ont suivi avec zèle et succès le parcours ou ont été auditeurs réguliers. Vous avez cheminé, non pas en solitaire ni en concurrent, mais en communauté et disciples du maître intérieur. Non vous n’étiez pas seuls. L’équipe du Parcours de formation vous a accompagnés avec divers intervenants. Vos familles, vos mandants, mais encore vos maîtres de stage des amis, étaient en proximité et témoins de votre avancée. Aujourd’hui, c’est une page symbolique et importante qui s’écrit dans votre histoire, dans notre histoire diocésaine.
Nous sommes revenus, non pas à la case de départ, mais au lieu de départ de toute expérience forte, à une célébration priante, reconnaissante, joyeuse et communautaire. Nous nous replongeons dans le cœur immaculé de Marie et la suivons dans sa marche. Avec Joseph elle monte à Jérusalem pour un pèlerinage. Le Pèlerinage ! Démarche inscrite dans les gènes de l’humanité. A l’époque, évidemment on se rend en pèlerinage, à pied. De toujours, l’homme a éprouvé le besoin de marcher, de partir à la découverte d’autres horizons. Le pèlerinage, démarche essentielle est une occasion de découverte importante, parfois majeure. Et ce qui est important dans le pèlerinage, c’est le chemin. Les choses les plus significatives se passent davantage sur le chemin qu’au bout du voyage ! De Nazareth à Jérusalem ce sont de longues journées de marche. Vous avez traversé le Parcours Théodule comme un pèlerinage. Que de découvertes ! Que de rencontres !
Sans même se connaître au départ, les pèlerins se sentent devenir de plus en plus proches. L’expérience commune crée un lien de fraternité. Vraiment il y a des choses essentielles qui entrent dans la tête et dans le cœur par les pieds ! La marche commune devient une démarche.
Pour les parents de Jésus, c’est sur le chemin du retour –encore la route- qu’ils font une découverte de taille ! Ils constatent l’absence de leur enfant. Sans hésiter ils font demi-tour. Comme on les comprend dans leur désir de retrouver celui qu’ils croient perdu. Leur cœur avait sûrement besoin encore d’un temps de préparation pour pouvoir accueillir quelque chose d’important, quelque chose d’inouï. Le retrouvant au milieu des docteurs au Temple, leur émotion prend la forme d’un reproche : Pourquoi nous as-tu fais cela ? Vois comme nous avons souffert !
Et maintenant que leurs pieds ont beaucoup voyagé, que leur cœur s’est laissé former, ils sont disponibles. Dieu peut dévoiler un coin de son mystère. Jusqu’ici, ce sont les parents, Joseph et Marie qui ont transmis à leur enfant tout ce qu’ils avaient de meilleur. A partir d’ici, c’est leur fils Jésus qui va leur apprendre l’essentiel encore voilé : Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ?
Jusqu’ici, chers amis, vous avez beaucoup appris de la part de ceux qui étaient au milieu de vous et qui vous ont enseignés. Vous avez passé 3 années à Jérusalem au milieu des docteurs, j’aurai la joie de vous remettre diplômes et attestations et vous pouvez en être légitimement fiers. Mais à partir d’ici, vous quittez Jérusalem pour Nazareth. Oui c’est Nazareth qui vous attend. Continuez à vous laisser enseigner en puisant dans le cœur et dans l’expérience de Marie ; tout y est, tout s’y trouve ; tout Jésus est là. Il a été retrouvé au Temple parmi les docteurs et est redescendu à Nazareth. Il est soumis à ses parents. Et Marie dans l’humble quotidien de Nazareth, est là, et garde dans son cœur tous ces événements.
Et pourquoi aurait-elle gardé tout cela dans son cœur, sinon pour nous le livrer comme en une secrète intimité ?
Marie nous indique le chemin. Elle a su prendre le temps de garder les évènements en son cœur pour en comprendre le sens peu à peu. A ses côtés, nous n’aurons jamais fini de nous émerveiller des fruits que vont produire ce qui a été déposé en graine. Vous avez consacré 3 années pour préparer le terrain de vos cœurs, le labourer, assouplir la terre ; maintenant, à votre tour, allez jeter généreusement la semence, sans trop vous préoccuper de la récolte. Votre et notre joyeuse mission est de transmettre. Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu… Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. (Is 61, 9. 11).
AMEN