Quand le crime n’a pas le dernier mot
À l’occasion du spectacle « Dans 5 heures » organisé par la paroisse de Lens à l’Opale le 26 septembre prochain, nous revenons sur la vie de Jacques Fesch, condamné à mort après sa conversion en prison. Fitzgerald Berthon, co-auteur de la pièce et interprète de Jacques Fesch, est aussi originaire de Saint-Germain-en-Laye : sa mère était dans la même classe que la fille du condamné.
Ce qui touche Fitzgerald dans l’histoire de Fesch, c’est la transformation de sa vie après « un cri de douleur vers le Christ » qui le mènera sur un chemin de foi. Une foi qui n’est pas un confort, ni un acquis mais comme un combat pour la garder et en vivre. Cette conversion n’efface pourtant pas la gravité de son acte mais on doit aussi y voir l’homme qui a accepté son sort et a « fait amende honorable ».
Joué en prison, le spectacle rejoint les détenus dans ce que vit Fesch : solitude, remise en question, quête de sens et de foi. L’un d’eux confiera avoir compris que son acte ne le définissait pas entièrement et qu’il pouvait être rejoint par la miséricorde de Dieu. Fitzgerald dit y avoir trouvé des hommes qui ont gravement failli, mais demeurent capables de conversion.
Un homme derrière le détenu
Cette réalité, l’abbé Bernardo Blanchoud, prêtre valaisano-argentin, la rencontre quotidiennement dans les prisons de Santa Fe. Il poursuit là une œuvre d’aumônerie carcérale initiée par Gabriel Carron, prêtre de Fully, qui a fondé une œuvre en Argentine et développé cet accompagnement des détenus. Pour Bernardo Blanchoud, tout commence par l’écoute et par un regard qui rend au détenu sa dignité : son crime n’annule pas sa condition d’enfant aimé de Dieu.
Il raconte ces hommes qui retrouvent la joie, en faisant l’expérience de l’amour de Dieu, notamment dans le sacrement de la réconciliation. À la messe, les détenus chantent les paroles du bon larron : « Jésus, souviens-toi de moi… », en rappelant qu’à ce moment ils sont comme lui à côté du Christ, réellement présent dans l’Eucharistie.
Mais la miséricorde ne nie jamais la faute : elle suppose d’en reconnaître la gravité, d’en assumer la responsabilité et de la regretter. La justice exige une peine, une réparation ; la miséricorde rappelle que l’homme n’est pas réduit à son crime et peut se convertir, se réconcilier et gagner un avenir.
Saint Augustin dit que le Seigneur condamne le péché, non l’homme. Et le psaume qu’Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent. Si la justice doit avoir le dernier mot sur le crime, la miséricorde refuse que le crime ait le dernier mot sur l’homme.
Prendre des places pour le spectacle, le 26 septembre