Pour les malades d’Alzheimer, la spiritualité est un repère

SPIRITUALITE - « Ca sert à quoi, de toute manière ils ont perdu la tête ! » entend-on dire trop souvent. Et pourtant, si, ça sert d’accompagner spirituellement les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer.

« Bien sûr qu’il faut tenir compte des besoins spirituels des personnes victimes de troubles neuro-cognitifs. Elles ont pour la plupart un besoin de spiritualité auquel nous devons répondre, qu’il s’agisse des proches aidants ou du personnel des EMS » déclare Genèviève Delèze, directrice du Home St-Sylve à Vex, mais aussi présidente d’Alzheimer Valais/Wallis.

Un effet calmant

« Il faut accompagner ces personnes et, dans toute la mesure du possible, leur permettre de suivre les activités religieuses d’une paroisse ou les rendez-vous spirituels d’une institution (messe, chapelet, etc…). Ces personnes atteintes de troubles neuro-cognitifs conservent une bonne mémoire de chants et de prières qu’elles ont connues avant et apprécient de pouvoir les exprimer à leur façon » constate la spécialiste. Elle ajoute qu’une pratique spirituelle a un effet calmant sur ces personnes, car l’exercice de leur foi, à leur manière, leur apporte comme un repère, surtout si c’est dans l’église ou le lieu qu’elles avaient l’habitude de fréquenter ».

L’Eglise en général, et en Valais en particulier, ne dispose pas d’un personnel spirituel spécialement formé pour l’accompagnement de ces personnes. Il n’existe pas de poste d’aumônier spécifiquement affecté à ce type de malades. Alors que, rien qu’en Valais, ce sont entre 6000 et 7000 personnes qui souffrent d’Alzheimer ou d’autres troubles de démence, dont 5% ont moins de 65 ans.  Quatre nouveaux cas sont détectés journellement, selon Valérie Morard Ducrey, secrétaire générale d’Alzheimer Valais/Wallis. Elle concède que la spiritualité n’est pas un thème spécialement abordé lors des séances d’information à l’intention des proches aidants, ou alors seulement indirectement, en traitant de la communication avec les personnes fragilisées.

Perdu mais retrouvable

Le Dr Thierry Collaud, médecin et théologien, qui a abondamment étudié le sujet, dit joliment : « A la place de dire que la personne disparaît, on dira qu’elle est déplacée par la maladie. Si on ne la trouve plus, c’est parce qu’on n’est pas capable de repérer le lieu où elle est et qu’on la cherche au mauvais endroit. Il faut alors faire l’effort de partir inlassablement à sa recherche. Le dément est un sujet perdu, disait la psychologue Michèle Grosclaude, « perdu, mais retrouvable».  Et pour le Dr Collaud, il y a au moins une certitude : « La médecine de l’âme est essentielle pour les aînés ».

Claude Jenny, page Eglises du Nouvelliste, samedi 6 juin 2026 

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