Père de famille, croyant et musicien
De nos jours la transmission de la foi en famille ne se fait plus naturellement. Faites-vous partie des «recommençants», ou comme Obélix, êtes-vous tombé dans la marmite lorsque vous étiez petit ?
Comme Obélix, j’ai souvent besoin de retrouver le goût de la potion magique. Être tombé dans la marmite, je ne l’ai pas choisi. Je reste reconnaissant de ne pas m’y être noyé et m’y replonge avec joie. De nos jours, la transmission de la foi se fait davantage à l’écoute de l’individualité de chacun. La foi se révèle, elle ne s’impose pas. Les enfants sont en quête de sens sur tout ce qui les entoure. Ma spiritualité et celle de mon épouse s’ancrent dans le catholicisme. Ensemble, nous accompagnons notre fils de 4 ans dans la découverte de sa foi. Il nous démontre en retour, la foi vraie et lumineuse des enfants, qui portent encore en eux, la Lumière incréée.
Quel impact votre foi a-t-elle dans votre quotidien ?
Ma foi me donne un ancrage, une espérance et une force au quotidien. Elle m’aide à donner du sens aux événements, à être et à faire. En tant qu’aumônier à l’armée, éducateur et répondant en spiritualité dans une institution sociale, ma foi m’invite à être présent pour tout un chacun, quelle que soit sa confession ou sa spiritualité en faisant preuve d’ouverture œcuménique, interreligieuse et spirituelle en gardant mes convictions en retrait, afin d’éviter le prosélytisme. Par l’exemple du Christ, ma foi est renforcée et ma spiritualité nourrie. Elle me permet de garder le cap malgré les vents contraires et les écueils, conscient des troubles de l’Eglise actuelle, je reconnais également ses innombrables bienfaits et ses œuvres.
Vous êtes aussi musicien. Quel lien entre votre foi et la musique ?
Le mariage d’une belle musique et de beaux mots élèvent l’âme. L’écriture et la composition sont le fruit d’une convergence, à la fois transcendance et don du ciel, entre vers ce quoi on tend et ce que nous recevons. La foi et la musique s’enrichissent mutuellement et soufflent dans nos âmes une louange intérieure pacifiante. Sans la foi, je ne composerais pas la même musique et sans la musique, je n’aurais peut-être pas la même foi.
Olivier Mottet a composé un chant à Notre-Dame de Valère et un à saint Joseph. Il chantera la messe du prochain pèlerinage des pères de famille, le samedi 26 avril.
Propos recueillis par l’abbé Pablo Pico, curé de Lens, dans la page Eglises du Nouvelliste du 22 mars 2025