« Notre paix a été plus grande que notre tristesse »
Mariés depuis dix ans, parents d’une petite fille de six ans, Vincent et Virginie portent depuis longtemps le désir d’agrandir leur famille. Après plusieurs fausses couches, l’année 2025, marquée par le Jubilé de l’Espérance dans l’Église, semblait ouvrir une nouvelle page. Virginie décide de mettre son activité d’avocate entre parenthèses pour « vivre une année de jachère, comme dans le jubilé biblique lorsque la terre est mise au repos ».
Le pari semblait gagné : dès le 1er janvier 2025, la nouvelle tombe, elle est enceinte. « Explosion de joie ! » se souvient-elle. Mais lors de l’échographie des 12 semaines, la nouvelle tombe, le cœur du bébé s’est arrêté. « Cette annonce nous a profondément bouleversés », confient les parents. Peinée pour eux, la gynécologue essaie de les consoler. « Ce n’est vraiment pas juste… », dit-elle. Entre deux sanglots, Vincent répond, « si c’est juste… mais on ne comprend pas ».
Pourtant, contrairement aux fausses couches précédentes, une conviction nouvelle les habite : « Nous croyions que la mort n’aurait pas le dernier mot », explique Vincent. Portés par cette certitude, ils décident de prier pour que le cœur reparte, entraînant leur entourage et même la gynécologue dans ce geste de foi.
Le cœur n’a finalement pas redémarré. Mais un autre miracle s’est produit. Virginie raconte comment, après une bénédiction reçue à la fin d’une messe, sa peur s’est muée en confiance. « Si Dieu ne ressuscite pas notre bébé, c’est vraiment qu’il a un meilleur plan », témoigne-t-elle. « Notre paix a été plus grande que notre tristesse », ajoutent-ils aujourd’hui.
Le couple a choisi d’appeler cet enfant Espérance. « Notre bébé aurait dû naître ces jours-ci. Malgré son absence physique, nous sommes pourtant heureux. Nous savons que le Seigneur ne nous abandonne jamais. Nos vies sont entre ses mains et on lui fait confiance même si on n’est pas toujours d’accord avec lui ».
En cette année jubilaire, ce témoignage résonne comme une invitation à redécouvrir la force de l’espérance chrétienne, non pas comme une idée abstraite, mais comme une expérience vécue : « Oui, nous sommes conscients d’avoir reçu une grande grâce, celle de l’Espérance ! Et nous prions pour que toutes les personnes touchées par des épreuves puissent recevoir ce même cadeau en cette année
Virginie est responsable depuis 5 ans du Pèlerinage aux Trois Marie.
Domitille Roduit, page Eglises du Nouvelliste, samedi 13 septembre 2025