Les clés et le pardon : être croyant en prison

-
Nouveaux venus Témoignages

Gérald Crettaz est « sorti de prison » depuis 3 ans. Il témoigne de son engagement de chrétien dans un contexte difficile. Il a en effet travaillé à Pramont durant plus de 22 ans.

 

Gérald Crettaz, de Bramois, est maître menuisier, « comme Joseph et Jésus ». Il est diacre depuis 2003, marié à Cathy. Ils ont quatre enfants, dont deux qui sont « gardes du pape ». Après avoir travaillé comme menuisier, contremaître et indépendant, Gérald est engagé comme maître socio-professionnel à Pramont, puis ordonné diacre. Il nous confie ici ses doutes et ses joies.

Gérald, comment t’es-tu retrouvé en prison ?

Je connaissais un peu ce milieu pour avoir pris en stage un jeune de cette institution. Alors qu’en famille, nous avions besoin d’une situation professionnelle et d’un revenu plus stables, cette opportunité de changement s’est présentée. Et cela arrivait au début du discernement de ma vocation diaconale.

Je me retrouve donc dans un atelier « bois », avec des personnes en rupture. A mon arrivée, j’ai eu un peu l’impression d’avoir atterri sur la planète mars ! Et « mars », c’est vraiment « les périphéries »…

Comment peut-on accompagner des personnes qui vivent la souffrance de l’enfermement ?

Je n’ai jamais travaillé comme aumônier dans la prison. C’est surtout le bois qui m’a permis de trouver ma place dans la relation avec les pensionnaires. L’objet à produire permet de se confronter à la réalité, à l’importance de répondre à des exigences. Dans ce contexte, le travail en menuiserie n’est plus une finalité, mais un outil.

J’ai compris l’importance de poser un cadre, de fixer des limites à des personnes qui tolèrent mal la frustration. Face à eux, j’ai essayé d’être un adulte « debout » – qui offre « une bienveillante exigence de père ».

En quoi ta foi et les Evangiles t’ont-ils aidé dans ce travail en prison ?

Avant de travailler en prison, je ne fermais aucune porte, parce que j’étais habitué à les démonter et je ne croyais pas aux serrures… (rires). Mais l’expérience prouve qu’il est important de mettre des limites claires et que la contention à des vertus apaisantes. C’est la figure de saint Pierre qui m’a aidé : on lui a confié les clés et il en a la responsabilité. En prison, il est souvent question de clé et de porte…

Dans ce travail, tu as pu aider de nombreuses personnes ?

C’est évidemment un idéal, mais le milieu carcéral, c’est d’abord un travail de l’ici et du maintenant. J’ai lu une étude très intéressante qui dit que la “non récidive” est possible lorsque trois étapes sont franchies : d’abord, l’auteur d’un acte doit reconnaître la faute et ne pas « se victimiser ». Puis, entendre que quelqu’un (un juge) lui dis : « Ce que vous avez fait est inacceptable ». Et enfin, accepter de payer et d’être puni pour ce délit. Un peu comme dans le sacrement de réconciliation ; avec le mea culpa et la réparation, l’absolution, et pour finir, la pénitence… C’est un chemin qui ouvre la porte et qui libère !

« Un jour, un pensionnaire m’a interpellé de sa cellule : "Vous avez les clés et vous n’ouvrez pas, alors que vous êtes croyant et que je souffre". Je lui ai répondu : "Je suis là et je prie". Contre toute attente il s’est calmé ! Je suis certain que, lorsque nous sommes au bout de nos “possibles”, les anges – puisqu’ils sont « gardiens » ! – font le boulot à notre place ».

Propos recueillis par Pierre Vianin, page Eglises du Nouvelliste, samedi 23 août 2025

Le pape Léon XIV en France du 25 au 28 septembre

Lire la suite

Une rentrée pastorale sous le patronage de saint Théodule

Lire la suite

Le diocèse de Sion réagit aux ordinations épiscopales célébrées à Ecône

Lire la suite

Chapelles et églises valaisannes sur les traces du Père Egide et de saint…

Lire la suite

Remise des diplômes Théodule

Lire la suite

2’000 prêtres en Suisse : mais que font-ils de leur journée ?

Lire la suite

Le pape Léon XIV ouvre un cycle de catéchèses sur la liturgie

Lire la suite