Journée cantonale des servants de messe : joie, formation et amitié

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Enfants Jeunes 12-15 ans 16 ans et + Liturgie Vocations Actualités

Plus d'une centaine de servants et servantes de messe venus de tout le canton se sont retrouvés, à Lens, en ce lundi de Pentecôte. Placée sous le signe de la rencontre, de la liturgie et de l'amitié, cette journée a permis aux enfants, adolescents, jeunes et accompagnants de partager de beaux moments, dans une ambiance particulièrement joyeuse et sous un magnifique soleil.

Tout au long de la journée, les participants ont pris part à différentes animations et jeux autour de la liturgie. Répartis en équipes, ils ont pu tester leurs connaissances sur les fêtes liturgiques, le déroulement de la messe ou encore les objets liturgiques utilisés au service de l’autel. 

En parallèle, une formation destinée aux jeunes servants a été organisée en collaboration avec le CRPL - Centre Romand de Pastorale Liturgique. Certains accompagnants ont également pris part à ce temps d’échange et d’approfondissement. Les participants ont notamment été invités à réfléchir aux raisons de leur engagement, à ce qu’ils apprécient ou non, ainsi qu’aux dialogues entre le prêtre et l’assemblée en lien avec les quatre grandes parties de la messe. Un temps a également été consacré aux différentes attitudes, gestes et postures des servants.

La journée s’est conclue par la célébration de l’eucharistie présidée par Mgr Alexandre Ineichen, abbé de Saint-Maurice et membre de la commission de liturgie au sein de la Conférence des évêques suisses. Dans son homélie, il a proposé une réflexion sur la beauté de la liturgie et sur l’importance du service de l’autel pour aider chacun à accueillir le don de Dieu. Il a encouragé les servants à vivre leur engagement avec sincérité, soin et générosité, rappelant que la liturgie participe à rendre visible la beauté du mystère célébré.

Les retours des animateurs au terme de la journée sont unanimes : les participants sont repartis très heureux, reconnaissants d’avoir vécu une journée à la fois ludique et spirituelle. Pour beaucoup, cette rencontre restera un beau souvenir et une source de motivation renouvelée pour poursuivre leur engagement dans leur paroisse !

Un grand merci à la paroisse de Lens pour son accueil ainsi que pour la mise à disposition des différents lieux ayant permis le bon déroulement de cette journée. Merci également à toutes les personnes qui se sont engagées dans l’organisation, l’animation des ateliers, la célébration de la messe et l’accompagnement des groupes. Par leur disponibilité et leur enthousiasme, elles ont largement contribué à faire de cette journée un beau moment pour tous les participants.

Suivant une tradition désormais bien établie, cette rencontre a lieu tous les deux ans le lundi de Pentecôte. Si une paroisse ou un secteur se sent appelé à organiser celle de 2028, qu’il n’hésite pas à se signaler auprès de la chancellerie ! 

Texte et photos : Aline Jacquier

Homélie

25.05.26, Lens.
Gn 3, 9-15.20 | Jdt 13 | Jn 19, 25-27

Lorsqu’on est nommé à une nouvelle fonction, on se doit de répondre à une question fréquente : que faites-vous ou qu’est-ce qui change par rapport à votre ancienne occupation ? Parfois, on est emprunté pour répondre car on ne connait pas bien tout ce qu’implique la nouvelle responsabilité ou on a l’impression que la nouvelle occupation n’intéresse pas ou qu’elle est complexe et révèle d’éléments difficiles à expliquer. Mais cet après-midi je réponds volontiers à la question, du moins en partie.

Comme nouvel abbé de St-Maurice, je suis responsable de la liturgie pour la partie francophone et participe à ce titre à une commission composée des responsables venant de pays francophones : France évidemment, mais aussi Belgique, Monaco, Canada, Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest et Océanie. Je ne vais pas m’étendre sur cette commission, mais plutôt vous rapporter une anecdote, une décision qui concerne le service liturgique, votre service. Il s’agit de la volonté du dicastère romain en charge de la liturgie de refuser l’utilisation de fascicules, feuilles volantes ou autres en lieu et place des livres liturgiques et en particulier du missel. Donc, la tablette, le smartphone ne devraient pas avoir sa place dans nos célébrations.

N’ayez crainte. Je ne vais pas poursuivre, justifier cette décision ou donner mon avis sur cette question particulière et anecdotique, mais plutôt vous partager son argumentation. Car là réside ce que j’aimerai vous partager, là réside un possible commentaire de la Parole de Dieu que nous venons d’entendre.

L’argumentation est simple. Comme l’acte liturgique découle de la Parole de Dieu, il est donc important et essentiel qu’elle soit contenue dans un bel objet qui manifeste son contenu. Le paquet cadeau participe du cadeau. Un beau cadeau se doit d’être dans un beau papier ou du moins y participer. La liturgie, le service de l’autel, votre service, mais aussi notre service est justement ce paquet cadeau qui contient un don inestimable. Il faut donc donner à ce qui y participe le maximum de beauté, de vérité, de bien. Votre service, notre service doit donc participer à embellir ce que l’on veut partager.

D’ailleurs, la première lecture que nous avons entendue : Adam et Eve chassé du Paradis terrestre après qu’ils ont eu mangé le fruit défendu est une belle illustration de l’importance du paquet cadeau pour un beau cadeau, le plus beau cadeau qui soit : la vie éternelle. Dans le passage entendu il n’est pas fait mention d’un élément curieux, mais significatif. Après avoir mangé du fruit défendu, Adam et Eve se couvrirent de feuilles de figuier, mais après le dialogue que nous venons d’entendre Dieu leur confectionna des habits de peau.

Ce changement, que j’aimerai vous montrer comme significatif, n’est pas dans le texte, mais il l’entoure comme un papier cadeau et lui donne son explication. Les gestes que l’on pose, les paroles que l’on prononce, les objets que nous manipulons signifient toujours plus qu’eux-mêmes, signifient plus que nous-mêmes. Pourtant, ils ne sont pas imposés, ils nous sont proposés. Ils n’ont pas être sujet d’une soumission, mais plutôt d’une liberté.

D’ailleurs, l’Évangile où Jésus, au cœur de sa Passion, nous donne sa mère – mieux donne sa mère au disciple qu’il aimait – pour lui permettre de recevoir avec le plus beau des paquet cadeau le don que Dieu fait de lui-même à toute l’humanité, l’Évangile que nous venons d’entendre en est une admirable illustration. Marie, Mère de l’Église, s’est un peu cet emballage – excusez de la comparaison – car elle est ce qui accompagne l’essentiel le don de Jésus, mort et ressuscité pour nous. Alors comment recevoir ce cadeau ? En déchirant le papier d’impatience ou en nous réjouissant déjà du don à venir vu la beauté de l’enveloppe. Aussi il importe de respecter non seulement le don, mais aussi le réceptacle de ce don. 

La liturgie, le service de l’autel, votre service, notre service s’est un peu tout cela : rendre le don accessible à tous dans sa liberté fondamentale, dans sa dignité essentielle. Ce n’est pas toujours simple, facile. Mais si tu y mets ton cœur, ta liberté, tes compétences, tu donneras à tous ceux qui y participe de voir le paquet cadeau et d’y soupçonner le don infini qui leur est proposé en toute liberté.

Pour y parvenir, je ne peux que vous conseiller une chose : la sincérité c’est-à-dire faire en toute vérité ce que l’on à faire. Vous savez la sincérité signifiait d’abord, sans cire, c’est-à-dire que la statue qu’on donnait, qu’on vendait n’était pas en partie en pierre, ou argent, et en partie en cire, elle était bien dans son ensemble ce qu’elle prétendait être. Il n’y avait pas tromperie sur la marchandise. Le paquet cadeau n’était pas là pour cacher un cadeau qui n’en valait pas la peine. Aussi si, avec sincérité, nous célébrons les sacrements, nous célébrons la liturgie, cela signifie que nous devons soigner le paquet cadeau, les feuilles de figuier, voire les peaux de bêtes parce que le don qui nous est offert est infini puisque c’est Dieu lui-même. 

Alors, avec Marie, n’hésitons pas d’emballer avec sincérité le cadeau divin avec du papier cadeau le plus beau possible : notre foi, notre espérance et notre charité.

+ Alexandre Ineichen

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