Hommage au Cardinal +Emil Paul Tscherrig
Chers membres de la famille et chers amis du Cardinal Emil Paul Tscherrig,
Chers confrères, frères et sœurs, chers amis,
La Parole de Dieu de ce jour, nous situe à la dernière page du dernier évangile. C’est St Jean, le quatrième évangéliste qui nous fait rencontrer Jésus après sa Résurrection. Nous nous trouvons au bord de la mer de Tibériade, on vient de manger. C’est comme si Jésus avait voulu créer un climat favorable à des échanges de grande humanité. Nous sommes en présence d’un des dialogues les plus intimes de tout l’évangile. Un partage de cœur à cœur est donc possible.
Jésus va confier ce qu’il a de plus cher : son amour pour les hommes. Pierre va dire à Jésus ce qui lui est le plus précieux : son amour de Dieu
Trois questions sont posées.
Trois réponses sont données.
S’en suivent trois envois en mission.
J’imagine ce dialogue de bord de mer non seulement tout là-bas à Tibériade, mais dans l’histoire de notre bien aimé Cardinal. A différents moments de son chemin, il aura entendu la même question. Quand il a décidé d’orienter sa vie vers le sacerdoce Jésus lui a murmuré : M’aimes-tu ? Quand il a accepté de se mettre au service de la diplomatie du Vatican, Jésus lui redit : M’aimes-tu vraiment ? Quand pour la xème fois on lui demande de servir l’Eglise dans un nouveau pays la question lui revient : M’aimes-tu plus que ceux-ci ?
En rentrant des funérailles, dans le train j’ai échangé avec un jeune homme mexicain. Il m’a demandé comment on devenait Cardinal. Je lui ai dit c’est le pape qui choisit.
– Mais est-ce qu’il y a un examen ?
--Oui, on pose au futur cardinal trois questions ; celles de l’évangile d’aujourd’hui.
Trois questions posées au prêtre, à l’évêque, au cardinal ; mais pas seulement. Ces mêmes questions sont posées au pape ; mais pas seulement. Elles nous sont posées à chacun de nous. Il n’y a pas d’interrogation plus essentielle. Elle accompagne les moments importants de notre histoire personnelle. Elle se pose au moment des choix de vie. Cette même interrogation revenait sous la plume d’une poétesse, à la manière d’un examen de conscience quotidien : ’’Seigneur t’ai-je assez aimé aujourd’hui ?’’ Par miséricorde, la question de l’évangile nous viendra comme ultime parole de Dieu au moment de notre mort et avant de le voir dans sa gloire : M’aimes-tu ?
A l’occasion de cette célébration, c’est chacun personnellement qui s’entend dire : Toi, m’aimes-tu ? Et il nous faut comprendre comme Pierre qu’on ne peut aimer Dieu sans aimer tout autant les fils de Dieu. ‘’Tu m’aimes ? – Sois le berger de mes agneaux. Pierre ne doit pas seulement aimer le Christ jusqu’à donner sa vie pour lui, mais aimer ses frères jusqu’à donner sa vie comme Jésus.
On ne peut étouffer la parole de Dieu. Elle est insistante et têtue pour nous tenir éveillés : aujourd’hui m’aimes-tu ?
Dans 10 ans m’aimeras-tu encore
Dans 40 ans m’aimeras-tu toujours ?
Ce qui fait la vérité de l’amour, c’est sa durée.
Le Christ nous interroge comme il a interrogé le Cardinal Tscherrig
-Dans l’enthousiasme de ta jeunesse, m’aimes-tu ?
- Dans l’usure du temps, l’épreuve peut-être qui te conduit au découragement ou au doute… m’aimes-tu ?
- Dans la préoccupation ou la sérénité du grand âge, m’aimes-tu ?
Seigneur tu sais tout, tu sais bien que je t’aime.
AMEN