Faire rêver les jeunes et prier pour les vocations
La Fondation Jeunesse et Vocations (FJV), qui dirige le Centre romand des vocations et se met au service des pastorales jeunesse de Suisse romande, a récemment lancé un nouveau site internet. Elle porte également une année de prière pour les vocations vécue dans les diocèses romands. Rencontre avec Mathilde Celeyron et Aline Jacquier.
Vous avez rejoint récemment la Fondation Jeunesse et Vocations. Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer vos rôles au sein de l'équipe ?
Mathilde Celeyron : Je suis mariée et maman de trois enfants. Titulaire d'un master en communication, j'ai notamment travaillé chez Saje Distribution. Je poursuis également une activité auprès de l'institut Philanthropos. J'ai rejoint le Centre romand des vocations en février 2025. Mon rôle consiste principalement à coordonner les projets liés aux vocations, notamment cette année de prière que nous vivons actuellement en Suisse romande.
Aline Jacquier : J'ai rejoint la Fondation Jeunesse et Vocations en janvier 2025. Ceux qui me connaissent savent que cela fait déjà plusieurs années que je travaille avec les jeunes, notamment au Service diocésain de la jeunesse. Aujourd'hui, mon rôle est surtout de faire le lien entre les différentes pastorales jeunesse de Suisse romande, de soutenir les projets qui existent déjà et d'encourager les collaborations. Mon objectif, c'est que les jeunes puissent vivre des rencontres qui les aident à grandir humainement, spirituellement et à découvrir leur place dans l’Église.
La Fondation Jeunesse et Vocations est au service du Centre romand des vocations et des pastorales jeunesse de Suisse romande. Quelle est concrètement sa mission ?
Aline Jacquier : La FJV est là pour soutenir tout ce qui touche à la jeunesse et aux vocations en Suisse romande. Concrètement, elle permet de mettre en réseau les différentes pastorales jeunesse diocésaines, les mouvements et les communautés afin de développer ensemble des projets au service des jeunes et des vocations.
Une partie importante de ma mission consiste à accompagner et coordonner les grands événements qui rassemblent les jeunes à l'échelle romande, suisse ou internationale. Je pense notamment aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) que ce soient les rencontres romandes, nationales ou internationales. Ces événements permettent à des milliers de jeunes de faire l'expérience d'une Église jeune, vivante et universelle.
La FJV soutient également la formation des personnes engagées auprès des jeunes via la Plateforme jeunesse Suisse romande. C'est un moment précieux pour échanger des bonnes pratiques et réfléchir ensemble aux défis que rencontrent les collègues et les jeunes aujourd’hui.
Au fond, ce qui me plait dans cette mission, c'est qu'elle ne consiste pas seulement à organiser des événements. Derrière chaque projet, il y a une conviction : les jeunes ont une place essentielle dans l'Église d'aujourd'hui. Notre rôle est de leur offrir des lieux de rencontre, de formation, de prière et d'engagement où ils peuvent grandir, tisser des liens et découvrir peu à peu l'appel que Dieu dépose dans leur cœur.
Les diocèses de Suisse romande vivent actuellement une année de prière pour les vocations. Pourquoi cette initiative et en quoi consiste-t-elle ?
Mathilde Celeyron : Nous avons fait un constat : aujourd'hui, les séminaires et les communautés religieuses n'attirent plus. Face à cette réalité, nous avons souhaité revenir à deux choses essentielles : la prière et la capacité de faire rêver les jeunes. Nous voulons aussi aider les communautés religieuses et les séminaires à redevenir des lieux vivants et visibles pour l'Église d'aujourd'hui.
C'est pourquoi nous avons lancé un cycle de prière sur quatre ans pour mettre les vocations à l'honneur. Cette première année est consacrée plus particulièrement aux vocations sacerdotales et religieuses, sans pour autant oublier les autres vocations. L'idée est d'aller à la rencontre des prêtres, des religieux, des religieuses et des séminaristes pour découvrir leur parcours, comprendre ce qui les a conduits à répondre à cet appel et prier avec eux.
Concrètement, une chaîne de prière a été mise en place. Chaque mois, une communauté prie spécialement pour les vocations et organise une veillée ouverte à tous. C'est une occasion unique d'ouvrir les portes de ces lieux de vie, de rencontrer leurs membres et de porter ensemble cette intention.
Nous proposons également une vidéo chaque mois pour interpeller les jeunes autour d'une question simple : « Pourquoi pas moi ? ». Le but est d'encourager chacun à se poser la question de sa vocation, à partir de sa vocation baptismale : à quoi suis-je appelé en tant que chrétien ?
Un nouveau site internet vient de voir le jour. Quelles ressources les jeunes, les parents et les agents pastoraux pourront-ils y trouver ?
Mathilde Celeyron : Ce site (jeunesse-vocations.ch) s'adresse aux jeunes, aux parents, aux agents pastoraux et à toutes les personnes qui souhaitent découvrir les propositions jeunesse en Suisse romande. Même s'il est encore en développement, il rassemble déjà de nombreuses ressources : les camps vocs, les événements destinés aux jeunes, les actualités, les vidéos de l'année des vocations, des prières ainsi que les groupes de jeunes présents dans les différents diocèses.
Notre objectif est d'offrir un lieu où chacun puisse trouver des idées, des contacts, des propositions concrètes et des ressources de fond pour réfléchir à sa vocation et nourrir sa foi.
Après une année et demie dans cette mission, quels signes d'espérance voyez-vous pour les vocations et la jeunesse dans notre diocèse ?
Aline Jacquier : On entend parfois que les jeunes se désintéressent de la foi, mais ce n'est pas ce que je constate sur le terrain. Je rencontre des jeunes qui cherchent du sens, qui ont soif d'authenticité et qui ont envie de vivre quelque chose de vrai. Je vois aussi beaucoup d'espérance dans les initiatives qui existent déjà. Que ce soit les rassemblements diocésains, les pèlerinages, les festivals comme OpenSky, les camps, les groupes ou les événements proposés par T’as où la foi ? ; il y a une vraie dynamique !
Concernant les vocations, je trouve très significatif ce qui se vit depuis cette année dans notre diocèse : le fait de rapprocher davantage la pastorale des vocations et la pastorale jeunesse. Ce n’est pas un hasard. Dans son exhortation post-synodale Christus vivit, le pape François insiste sur le fait que toute la pastorale doit être vocationnelle, et que chaque jeune doit pouvoir se reconnaitre comme appelé par Dieu. C’est exactement cette intuition qui nous guide aujourd’hui : accompagner les jeunes dans leur vie concrète, et à partir de là, ouvrir aussi la question "à quoi suis-je appelé ?", dans toutes ses dimensions.
Dans cette dynamique, la constitution récente d’une nouvelle équipe vocations dans notre diocèse est un vrai signe d’espérance. Elle a pour objectif de coordonner ce qui existe déjà et de préparer les projets à venir. Mais surtout, elle veut être proche du terrain : soutenir les paroisses, les groupes de jeunes ou les mouvements qui souhaitent proposer quelque chose autour des vocations, même simplement une soirée ou un témoignage. Nous voulons aussi nous mettre à disposition pour intervenir dans les groupes de préparation aux sacrements ou des jeunes en cheminement, pour ouvrir des espaces de réflexion et de témoignage. L’idée n’est pas de donner des réponses toutes faites, mais d’aider chacun à entendre que sa vie peut devenir un appel.
Ce qui me touche le plus, c’est quand on fait vraiment confiance aux jeunes. Quand on construit avec eux, quand on les écoute et qu’on leur confie des responsabilités, ils répondent présents !