Ernest Melly : le sacerdoce de platine d'un prêtre "bâtisseur"

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À 98 ans, l’abbé Ernest Melly s'apprête à fêter son jubilé de platine : 70 ans de sacerdoce !

 

Le parcours d’Ernest Melly est exceptionnel : vivant son enfance à Ayer, il se retrouve au collège de Sion à 13 ans, loin de ses parents et de ses 12 frères et sœurs. Jeune prêtre, il est envoyé à Paris – parce que les prêtres sont trop nombreux en Valais ! Il fut le grand ami et le père spirituel du Cardinal Schwery, ce qui lui permettra de rencontrer le pape Jean-Paul II. Sa vie de prêtre est notamment marquée par la construction de l’église de Champéry. Ernest est avant tout un bâtisseur : d’église, mais également de liens sociaux et de fraternité.

Abbé Melly, si vous fermez les yeux, quel souvenir gardez-vous de votre ordination en 1956 ?

Je revois le village en fête. J’étais à la fois heureux et étonné de voir que 500 personnes et 17 racleurs s'étaient déplacés pour moi, le gardien de « modzons » devenu prêtre !

Parmi vos nombreux ministères, celui de Champéry (1963-1974) occupe-t-il une place à part ?

Il s’agissait de construire une nouvelle église. J’ai dû porter ce projet de A à Z, mais ce n’était pas qu’une affaire de pierres, c’était une véritable communion avec les fidèles et les villageois. Cinquante ans plus tard, les paroissiens m’ont réinvité pour l’anniversaire de la dédicace. Voir que ce bâtiment rassemble toujours la communauté aujourd’hui est une grande fierté.

Et votre séjour à Paris en 1956 ?

Paris a été un bol d’air. J’y ai découvert la contestation et les prêtres ouvriers. Puis est arrivé Vatican II – que j’ai accueilli comme une immense ouverture. J’attendais avec impatience la liturgie en français, la place accordée aux laïcs et un nouveau regard sur les autres religions.

Quel a été votre secret pour garder cet enthousiasme durant 70 ans de sacerdoce ?

La prière et le sport ! Mes journées ont toujours été ponctuées de nombreux moments de prière. Et le football m’a beaucoup aidé à « faire communauté » … et à soigner mes maux de tête.

Votre relation à Dieu a-t-elle changé entre vos 28 ans et aujourd'hui ?

Jamais je n’ai douté, mes préoccupations étaient ailleurs. Aujourd’hui, ma relation avec Dieu est résumée en deux convictions : « Dieu est Amour » et « Dieu est miséricorde ». Dans ce monde individualiste, Il reste le seul qui donne une véritable espérance.

 

Propos recueillis par Pierre Vianin

Le tac au tac de l'abbé

Votre plus grand exploit ?
Avoir gravi tous les « 4000 » du Val d'Anniviers.

Votre principale qualité ?
J'ai le pardon facile.

Une confidence ?
Je n'avais jamais lu un seul livre avant mon entrée au collège. Depuis, je me suis bien rattrapé !

Une anecdote ?
Après une longue marche en montagne, j'ai commencé l'homélie en disant aux fidèles: « Je vais vous parler du Dieu vivant, mais je suis à moitié mort ! » (rires).

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