En Valais, les carillonneurs sont fidèles à leurs cloches !

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Témoignages

Ils sont encore plusieurs dizaines en Valais à jouer du carillon ! Cette tradition musicale reste bien vivante. Témoignage d’Elie Darbellay, carillonneur à Liddes.

S’il ne joue plus après la messe c’est parce qu’elle a été déplacée au samedi et qu’il ne rentre dans son village que le samedi soir, mais Elie Darbellay n’en a pas pour autant perdu l’habitude : il donne son petit concert le dimanche matin !

Il a découvert cet instrument alors qu’il n’avait que 13 ans ! Et voilà 17 ans qu’il est fidèle à…ses cloches ! « J’habitais à côté de l’église et mes parents m’ont très vite emmené en haut du clocher pour voir le carillonneur à l’œuvre. Et l’envie m’est venue d’apprendre à jouer de cet instrument » raconte-t-il.

Ayant succédé à la famille Frossard, une dynastie locale de carillonneurs, Elie Darbellay a repris un certain nombre de mélodies traditionnelles, mais il y a aussi ajouté petit à petit son propre répertoire avec des compositions plus modernes.

Un attrait qui se maintient

Mais il n’est pas le seul carillonneur du Valais ! Loin s’en faut. Et même si un certain nombre de carillons ont été abandonnés ou automatisés, « nous sommes une cinquantaine à être membres de l’Association Carillon Valais et à jouer régulièrement. Nous nous retrouvons une fois par année, chaque fois dans une autre région » se réjouit Elie Darbellay, qui en est aujourd’hui le président cantonal et qui constate un rajeunissement dans la confrérie des carillonneurs, ce qui montre tout l’intérêt que suscite cet instrument. Une fidélité à un art qui est davantage marquée dans le Haut-Valais, où ce témoin culturel est plus répandu. Le prochain rassemblement aura lieu à Zeneggen le 21 septembre.

Si le carillon le plus impressionnant du Valais est celui de l’Abbaye de St-Maurice avec ses 49 cloches, la plupart des carillons, s’ils possèdent moins de cloches –permettent néanmoins de jouer un jeu varié- A Liddes, Elie Darbellay dispose de 6 cloches qu’il fait vibrer en tirant sur des cordes avec ses bras et au moyen de pédales, avec six notes qui se suivent, ce qui permet un jeu de mélodies assez complet. D’autres carillons avec leur carillonneur attitré, peuvent notamment être écoutés – et parfois visités – notamment à Lens, Arbaz, Rarogne, Viège, etc…

« Un carillon n’est pas indispensable à la vie d’un village. Mais lorsque je ne joue pas le dimanche, des personnes me le font remarquer » dit Elie Darbellay. Un encouragement pour celui qui, la semaine, accomplit un vrai métier musical puisqu’il construit et répare des instruments à vent dans un atelier fribourgeois !

Claude Jenny dans la page Eglises du Nouvelliste - 12 avril 2025

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