Drame de Montana : l'aumônerie de l'hôpital, proche des victimes

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Compassion. Parmi tant d’autres, l’aumônerie du CHVR prend sa place au service des victimes du drame de Montana et de leurs proches. Rencontre avec son responsable Christophe Pont.

 

Responsable du Service d’aumônerie du Centre hospitalier du Valais romand (CHVR), Christophe Pont est sur la brèche depuis le 1er janvier. Entre accompagnement des personnes hospitalisées, accueil de leurs familles et soutien au personnel, il raconte le quotidien de son équipe depuis dix jours.

Christophe Pont, comment allez-vous ces jours après le drame ?


Après plusieurs jours entre l’hôpital et les lieux sensibles dédiés à l’accueil des familles, je commence à atteindre mes limites sur le plan physique et émotionnel. Mais je peux compter sur mes collègues de l’aumônerie que je sollicite à tour de rôle et qui font preuve d’un esprit de corps remarquable.

 

En quoi votre Service d’aumônerie peut-il être utile auprès des victimes et de leurs proches ?


Nous avons été présents au Régent à Montana, en parallèle aux dispositifs psychologiques, puis au centre funéraire de Platta auprès des proches venus auprès de leurs jeunes décédés. Nous avons accompagné de nombreuses familles. La détresse est immense : il n’y a souvent pas de mots, surtout de l’attention, de l’affection et parfois une prière.

Comment les membres de l’équipe vivent-ils ces jours éprouvants dans les hôpitaux ?


Notre équipe s’est organisée au niveau des hôpitaux, à Sion et à Sierre. A l’image de la période du covid, nous avons écouté les familles et fait le lien avec les équipes soignantes pour les visites à leurs jeunes, en particulier aux soins intensifs. Les médecins et infirmières font un gros travail avec beaucoup de délicatesse dans leurs gestes ! Nous accompagnons aussi, en lien souvent avec les psychologues, des jeunes qui doivent à la fois endurer des douleurs et faire face à la perte de copains ou copines, c’est déchirant.

 

Une rencontre particulière à partager ?


Un papa d’origine italienne s’est mis à genoux, en larmes, dans la petite chambre mortuaire. Il exprime son désarroi à son fils avec qui, dit-il « il faisait si bien équipe ». Après un long silence, je partage quelques mots sur la présence de Jésus, sur la croix dans cette épreuve, avec tous les jeunes et leurs proches, mais ouvrant une petite brèche : celle de l’espérance en l’amour qui va continuer à permettre de faire équipe !

                                           

Propos recueillis par Pierre-Yves Maillard

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