Famille d'accueil : le pari du don
Pourquoi avoir choisi de devenir famille d'accueil alors que vous aviez déjà vos propres enfants ?
Marie : C'est un désir que j'ai du mal à expliquer. Mon expérience d’un an auprès d’enfants en Roumanie, dans la joie du don et de l’ouverture à l’autre, m’a certainement marquée.
Jean-Baptiste : Avec nos deux premiers enfants, nous avions le sentiment que notre famille était solide. Nous pensions pouvoir offrir quelque chose à des enfants qui en avaient besoin.
Vous dites que c'est davantage une aventure familiale qu'une aventure de couple. Pourquoi ?
J-B : Parce que toute la famille est impliquée. Quand un enfant arrive ou repart, chacun est touché. Nos enfants étaient d'accord avec ce projet dès le départ. Aujourd'hui, ils prennent soin les uns des autres.
Marie : Les disputes sont celles de frères et sœurs, mais jamais autour de la question de savoir qui appartient à qui. Chez nous, si tu passes la porte, tu fais partie de la famille.
Quelles sont les plus grandes joies de cet engagement ?
Marie : Voir les enfants grandir, gagner en autonomie, faire leurs premiers pas, apprendre à nager ou à skier. Chaque accueil est différent. Je crois que le Seigneur nous envoie les enfants qui sont faits pour notre famille.
J-B : Nous leur offrons une stabilité affective et matérielle. On ne se rend pas toujours compte de la valeur de ces choses-là.
N'est-il pas difficile de s'attacher à des enfants qui repartiront un jour ?
Marie : C'est une remarque que j'entends souvent, mais c’est étonnant ! Pour aimer un enfant correctement, je veux justement m’attacher à lui à 600 %. L'amour n'est pas une garantie de durée ou de retour. C'est vrai pour les enfants accueillis comme pour nos propres enfants. Je veux les aimer avec toutes mes tripes, même si je ne sais rien de l’avenir.
Qu'est-ce qui vous aide à tenir cet engagement ?
J-B : Nous avons appris à faire confiance. Souvent, lorsque nous avons dit oui à un accueil, tout s'est aligné : le travail, les finances, une jeune fille au pair, même la voiture adaptée à notre grande famille. Je n'aurais jamais parié sur cette aventure. Pourtant, à chaque étape, nous avons trouvé exactement ce dont nous avions besoin.
Marie : On réfléchit souvent à ce que l'on risque de perdre, rarement à ce que l'on pourrait gagner. Alors à ceux qui hésitent, je dirais simplement : « Venez et voyez ! »
J-B : Avec le recul, je peux dire que notre vie aujourd'hui est plus belle qu'avant. Cette confiance n'a jamais été déçue.
Domitille Roduit
Pour les personnes intéressées à être famille d’accueil : Familles d'accueil - - vs.ch