Dédicace de la Cathédrale - Fête des prêtres jubilaires
Chers confrères jubilaires, chers paroissiens, frères et sœurs,
Nous allons continuer d’avancer ensemble sur le chemin de foi et de vie chrétienne, que nous avons le bonheur de parcourir en communauté diocésaine. En décembre dernier nous avons inauguré l’Année jubilaire ; nous avons pris le rythme de l’Eglise universelle et nous nous sommes faits ‘’pèlerins de l’espérance’’. Ce chemin demande à être poursuivi. Le tout prochain pèlerinage diocésain de l’année sainte à Rome représente un moment significatif de cette recherche commune de l’espérance. Jeudi, avant l’aube, nous partirons. Nous irons à Rome, avec au cœur le désir d’une conversion personnelle et communautaire afin de pouvoir ramener la fraîcheur d’une espérance neuve pour notre Eglise diocésaine et pour le monde entier.
En célébrant la dédicace de la cathédrale, c’est vers cet autre édifice qui n’est pas fait de mains d’homme que nous nous tournons. La dédicace d’un édifice religieux nous renvoie à cette autre bâtisse dont chacun de nous est une pierre vivante. Ainsi, ce que St Paul nous a fait entendre peut parfaitement s’appliquer à notre diocèse. Vous êtes la maison que Dieu construit. La communauté ecclésiale n’est pas d’abord le résultat du travail des hommes. Toutes les personnes engagées en Eglise, laïques ou ordonnées ont leur rôle indispensable, mais que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction. Les plans pastoraux ont tout leur sens, mais personne ne peut poser d’autre fondation que celle qui s’y trouve : Jésus-Christ (v.11). Frères et sœurs, vous êtes une maison que Dieu construit (v.9), et pas une masure délabrée et encore moins un repaire de brigands. Dans ce sens, nous comprenons bien que Jésus puisse se fâcher violemment quand les hommes font de la maison de Dieu un repaire de bandits ; Il chasse les vendeurs du Temple (Jn 2, 13-22) comme il chasse le Mauvais, Satan qui prend possession du démoniaque (Mt 8, 28-34). Le cœur de l’homme est la maison de Dieu : St Paul le définit en termes de sanctuaire et ajoute-t-il, ce sanctuaire est saint (v.17). C’est à cela que nous renvoie la fête de la dédicace. Bien évidemment nous ne pouvons pas faire l’économie de l’entretien du bâtiment physique. Si l’on refait actuellement le toit de la cathédrale, puis les murs, les peintures et l’aménagement liturgique c’est pour que les paroissiens, les diocésains puissent s’y rassembler et par le fait du rassemblement priant, édifier le Corps vivant du Christ. Devant les juifs de l’évangile qui s’enferment dans une compréhension limitée au bâtiment physique et qui défient Jésus de rebâtir le Temple en trois jours, St Jean déclare clairement : Mais lui parlait du sanctuaire de son corps (v. 21). Cette annonce de l’évangéliste nous aide aussi à mieux saisir la richesse de la vision prophétique d’Ezéchiel, entendue dans la première lecture. Au cours d’une vision, le prophète se trouve, lui aussi, au seuil d’une maison. De l’eau coulait du côté droit et en abondance. Cette eau est proprement miraculeuse. Elle commence par assainir les eaux salées de la Mer Morte. Sur le passage de ce torrent, les animaux peuvent vivre et foisonner ; le poisson est très abondant ; toutes sortes d’arbres poussent ; on pourra, chaque mois, cueillir des fruits qui sont une nourriture et même les feuilles qui sont un remède.
La vision d’Ezéchiel trouvera une parfaite réalisation 500 ans plus tard. Jésus est mis en croix. Son corps qui est la maison de Dieu par excellence, le saint sanctuaire, est percé au côté droit d’un coup de lance et, témoigne st Jean, aussitôt il en sortit de sang et de l’eau (Jn 19, 32-34). L’Eglise y a vu la source intarissable du baptême. J’ai vu l’eau vive jaillissant du cœur du Christ Alleluia ! Le côté ouvert de Jésus en croix laisse couler l’eau en surabondance et c’est tout l’amour de Dieu qui continue de se déverser sur l’humanité. Et nous, frères et sœurs, levons-nous pour en témoigner.
AMEN