"Un chrétien triste est un triste chrétien"
Comment se déroule votre ministère en Valais ?
L’accueil des gens a été fantastique. Je me sens très bien en Valais. J’y découvre chaque jour un accueil chaleureux et une grande simplicité chez les personnes que je rencontre. Une phrase de saint Augustin m’inspire : « Pour vous, je suis évêque, mais avec vous je suis chrétien. » Et j’aime l’appliquer à moi-même : « Pour vous, je suis prêtre, mais avec vous je suis chrétien. » J’essaie de vivre tout cela avec joie. Je crois en effet qu’un chrétien triste est un triste chrétien.
Quelles sont les fonctions spécifiques d’un prêtre aumônier de la mission lusophone ?
La particularité du Valais est que la communauté portugaise y est déjà bien intégrée. Elle est présente de Monthey à Zermatt. Le principal défi pour moi est de garder un équilibre entre la vie pastorale et la vie intérieure, et continuer à encourager l’intégration et la participation de tous.
Quelles sont les différences entre la communauté valaisanne et la communauté portugaise ?
Toutes les deux vivent leur foi avec intensité. On remarque toutefois chez les Portugais une expression plus manifeste de leur spiritualité. Cela se voit dans la relation avec Marie, lors des processions aux flambeaux, mais aussi à Noël, où l’on peut embrasser l’Enfant Jésus, comme les bergers se rendant à la crèche. À mon avis, il est important d’offrir aux fidèles portugais des occasions de se retrouver. La langue maternelle joue un rôle essentiel : même ceux qui parlent bien le français se sentent plus proches de Dieu et de leur foi lorsqu’ils prient dans leur langue.
Comment se porte l’Église selon vous ?
L’Église, qu’elle soit universelle ou valaisanne, traverse aujourd’hui un temps de purification, de renouvellement et de réflexion. C’est aussi un moment d’inquiétude. Il faut que l’Église vive pleinement en communauté, proche des personnes, et qu’elle reste un véritable sel de la terre et une lumière pour le monde. Je pense que les fidèles doivent être davantage invités à participer et à s’engager.
Dans un match de foot Suisse-Portugal, qui supportez-vous ?
Le Portugal ! (rires) Mais pour les autres matchs, je supporte évidemment la Suisse. Je me sens partie prenante de ce peuple et de cette culture.
Et si vous aviez un seul souhait, ce serait lequel ?
Comme le dit Saint-Paul : ‘Ainsi, que nous fassions ce que nous avons à faire, nous l’accomplissons pour le Seigneur.’ C’est le sens de mon travail et de mon engagement dans l’Église.
Propos recueillis par Pierre Vianin