Aina Vao, nouvelle vie

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Solidarité Témoignages

Une infirmière du Val de Bagnes a donné six mois de sa vie pour partir en mission à Madagascar.

Madagascar vit ses derniers jours, une crise sociale sans président. Un des pays les plus pauvres du globe où le cri de la terre et le cri des pauvres retentissent ensemble. Marjorie Meylan, infirmière, originaire du Val de Bagnes a choisi de donner six mois de sa vie de jeune professionnelle pour partir en mission sur cette île. Elle a rejoint un dispensaire, une communauté et une maison d’accueil pour les enfants (gérés par les Sœurs de Saint-Maurice (Bex), qui sont présentes sur place depuis plusieurs décennies). En février dernier, elle présentait un retour de sa mission, son expérience et ce qu’elle en tire pour continuer sa mission d’infirmière dans nos hôpitaux. Rencontre.

Marjorie, qui es-tu ?

Je suis née au Châble, j’ai fait toutes mes écoles en Valais. J’ai 32 ans et cela fait 9 ans que je suis infirmière. J’ai choisi de partir 6 mois.

Qu’as-tu découvert de l’île malgache ?

C’est un pays aussi grand que la France avec une biodiversité très riche et beaucoup de ressources naturelles. Pourtant, le pays vit une grave crise économique, le seuil de pauvreté est un des plus bas du monde.

Qu’est-ce que tu désires partager de ton expérience de mission ?

J’ai appris à comprendre l’histoire de ce peuple avec ses difficultés économiques, sociales et politiques. Je pensais partir apporter une aide concrète mais la réalité a été un peu différente. Il m’a fallu comprendre leur histoire avec empathie, sans esprit de « colonialisme ». J’ai souvent vécu un grand sentiment d’impuissance. J’ai par exemple, vécu le décès d’un bébé dans mes bras faute de soin : cela m’a fortement ébranlée. Mes visites à la prison par ailleurs, ont changé ma vision du monde devant tant de détresse. A Madagascar, on pourrait dire que la mort rôde dans les rues, un peu partout.

Comment relis-tu aujourd’hui cette expérience ?

Nous sommes privilégiés dans notre pays même si je préfère éviter de comparer. Les contextes sont différents et il faut vivre avec : là-bas comme ici je suis appelée à remplir ma mission d’infirmière dans le contexte et le cadre qui m’est donné. Je dirais surtout que l’expérience de la mission à Madagascar pourrait se résumer en trois mots : partage, humilité et solidarité. Ces valeurs sont essentielles pour aborder toutes les situations de la vie. J'étais avec les mamans et les enfants malgaches, dans une relation d’être plutôt que de paraître : ma présence était un soutien, partager et vivre ensemble était ma véritable aide.                                                                                         
Propos recueillis par Claire Jonard, page Eglises du Nouvelliste, samedi 4 octobre 2025

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