Le martyre de Saint Maurice et la Garde Suisse Pontificale
Depuis 2002, la Garde Suisse Pontificale fait également partie des invités. Pour comprendre comment des anciens gardes se retrouvent en uniforme à cette occasion, il faut se tourner vers Dominique Carron, un ancien garde qui a servi de 1982 à 1984 sous Jean-Paul II. De retour en Suisse, il travaille à Dailly. Le chanoine Gabriel Stucky est alors aumônier de la place d’armes. Les deux hommes discutent de la Garde Suisse Pontificale, des liens qu’ils entretiennent respectivement avec Rome, d’amitiés communes et des services rendus par les anciens gardes pour certains événements solennels tels que la Fête-Dieu. C’est ainsi que Dominique Carron est chargé d’organiser un premier détachement. Il mobilise 5 autres gardes en uniforme et trouve même un sergent à Fribourg, qui conduit le détachement.
Dès le début, la sauce prend et un noyau fidèle d’anciens gardes se crée. Les plus assidus sont revenus chaque année. D’autres se rallient au fur et à mesure. En général, ceux qui viennent une fois finissent toujours par revenir les années qui suivent, selon leurs possibilités. En effet, la fête de Saint Maurice a toujours lieu le 22 septembre de manière fixe, et n’est jamais reportée au dimanche qui suit. Défiler en uniforme à la Saint Maurice équivaut bien souvent à un jour de congé demandé à l’employeur.
Aux côtés des plus fidèles et des plus anciens, il faut aujourd’hui mobiliser les jeunes et ceux qui sont fraîchement rentrés de Rome. Pour faire le lien avec la nouvelle génération, Dominique Carron s’est tourné il y a deux ans vers l’association Lemania, qui regroupe les anciens gardes suisses pontificaux de Genève, de Vaud et du Bas-Valais.
C’est ainsi que cette année, un détachement coloré de 10 gardes a rendu service à cette occasion (2 sergents, 1 caporal, 1 vice-caporal, 6 hallebardiers, dont un actif rentré pour l’occasion). La mission qui nous est attribuée n’est pas mince: après le service d’honneur ordinaire durant la Sainte Messe, il s’agit d’escorter les trois reliquaires, portés tout au long de la procession par les membres de la confrérie Saint-Candide.
Durant la procession au son de la fanfare, le grand honneur qui nous est accordé en étant si proches de ces saints martyrs nous permet de mieux méditer les paroles de Saint Maurice, répondant à l’empereur lorsqu’il refusa de participer, avec sa légion, à des sacrifices païens et de persécuter la populations chrétienne locale: « Nous sommes tes soldats, ô empereur, mais avant tout serviteurs de Dieu. Nous te devons l’obéissance militaire, mais nous lui devons l’innocence. Nous préférons mourir innocents plutôt que vivre coupables. »
Puissent ces saintes paroles éclairer nos engagements de foi au quotidien. Saint Maurice d’Agaune, et tous ses compagnons martyrs, priez pour nous!
Acriter et fideliter, semper!
Follonier Loris, Comité Lemania